À peine diplômé, Alexandre se lance directement en 100 % domicile. Ne s’y retrouvant pas dans le rythme du cabinet, il cherche alors un mode d’exercice plus adapté à lui, plus en phase avec son quotidien et sa santé.
Il démarre progressivement, construit sa patientèle et prend le temps de s’installer. Deux ans plus tard, il fait une pause de six mois à Barcelone. À son retour, il reprend avec une vision plus claire de sa pratique, et une implication encore plus forte.
Dès que j’ai eu mon diplôme, je me suis dit, allez, on tente.
— Alexandre C, kiné à domicile
QUOTIDIEN
100 % domicile : un quotidien bien rempli
Du lundi au vendredi, Alexandre enchaîne les domiciles entre 9h30 et 16h. Il se déplace à vélo — un choix qui rythme ses journées, mais qui joue aussi un rôle essentiel dans son équilibre. Souffrant d’apnée du sommeil, ces temps de trajet lui permettent de souffler entre deux patients et de rester concentré tout au long de la journée.
Une partie de ses prises en charge se fait en lien avec l’HAD. Cela implique une coordination régulière avec les médecins et les infirmiers, des bilans à transmettre, et un suivi plus structuré des patients. Un cadre plus exigeant, mais aussi plus stimulant sur le plan professionnel.
Au fil du temps, il fait évoluer son activité : d’abord autour de 25 heures par semaine pour prendre ses repères puis il augmente progressivement. Aujourd’hui, il dépasse les 40 heures hebdomadaires.
Au fil du temps, j’ai trouvé des patients qui me correspondent
À domicile, Alexandre prend en charge des patients aux profils très variés. Des situations qui demandent de s’adapter en permanence, mais qui changent surtout sa manière d’exercer.
En passant régulièrement chez ses patients, il devient parfois le premier à repérer une dégradation de l’état général. Cette proximité crée un lien fort — mais aussi une responsabilité importante. “On est ceux qui passent le plus de temps avec eux”, explique-t-il.
ANECDOTE
Un jour, Alexandre arrive chez un patient âgé, en sortie d’AVC. En entrant, il le retrouve en haut d’un escabeau, en train de changer une ampoule. Une scène inattendue, au vu de ses difficultés à marcher. Quelques semaines plus tard, il le retrouve à essayer de se couper les ongles, sans y parvenir.
Des situations qui marquent, et qui rappellent une chose essentielle : à domicile, les patients continuent d‘essayer de garder leur autonomie, et c’est aussi pour ça que le rôle du kiné prend tout son sens.
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